Avant d'attaquer la couche de corps, les gaînes électriques pour les points d'éclairage extérieurs sont installées.

Cette couche sera appliqué à l'aide d'un sablon. Si cet outil permet de gagner beaucoup de temps, son autre petit nom, la "gorette", en dit long sur la capacité à éclabousser et à projeter dans un rayon important. Le week-end précédent l'opération, l'ensemble des menuiserie, le bardage, la zinguerie et les débords de toit son protégés. Si cette étape prend du temps, c'est dans tous les cas moins long que d'avoir à tout nettoyer, la chaux tâche très rapidement le bois brut.
C'est donc le grand retour de la bâche bleue.

La couche de corps se fait selon le mélange suivant :
- 3 volume de sable de Vienne 0-4
- 1 volume de chaux selon le mélange suivant
- 2/3 de chaux hydraulique NHL 3.5
- 1/3 de chaux aérienne CL 90
Le sable de rivière, ici sable de Vienne, est à privilégier du sable de carrière car n'étant pas concassé, il est forme plus ronde et "roule" plus facilement sous la taloche ou la règle. Le sable de Loire convient aussi, avec des teintes ocres, quand celui de Vienne tend sur le jaune.
Le chantier est prêt à démarrer. Organisé sur deux jours, à sept, il est important d'atteindre l'objectif de réaliser la couche de corps pour les façades les plus exposées, à l'ouest et au sud. Nous sommes le 22 octobre et c'est avec le pari qu'il ne gèlera pas dans les quelques semaines qui viennent que la décision de maintenir l'opération est prise. En effet, ce risque semble moins important que celui de passer un hiver avec la seule couche d'accroche recouverte de bâche qui risque toujours de s'envoler surtout par pluie forte. La météo des semaines suivantes a été finalement favorable.
Jean-Michel et Laurent sont venu avec leur précieux savoir-faire pour enduire sur la paille, une bonne connaissance de la chaux et aussi un sérieux coup de règle. Encore merci les artistes.
Une trame de verre a été appliquée sur le pourtour des menuiseries et dans les coins pour armer la couche de corps.
Malgré nos craintes, la météo continue d'être avec nous. La façade prend une fière allure d'heure en heure.
Pour tenir la cadence, deux bétonnières fonctionnent en parallèle. Le groupe d'air comprimé est sollicité, il aura fonctionné 14 heures au total.
Chacun a trouvé son poste, quelques permutations s'opèrent au fil des heures pour limiter la fatigue.
Le plus difficile reste le démarrage de la journée, en effet la phase de projection implique de disposer d'une quantité de "colle" préparée en avance, mais pas trop, et que les gamates soient prêtent, y compris à l'étage. Merci à la poulie dans l'échafaudage. Les brouettes font des aller-retours incessants.
Le démarrage du chantier à 7h00 est vite oublié quand à la fin de la journée la façade est terminée. L'échafaudage a été déplacé dans la perspective du lendemain et pour projeter une première passe d'enduit le temps que le mur terminé soit bien dressé à la règle.
Le chantier est donc prêt pour le lendemain. La journée a été bonne mais les délais tenus dans une très bonne ambiance.
La bâche bleue est aussitôt détachée, le contraste avec le bois est vraiment plaisant. Le temps a encore une fois été exceptionnel. Dans l'élans, la disponibilité d'une bonne partie de l'équipe et du matériel, la décision est prise de réaliser la troisième façade le lendemain. Ce n'était pas prévu, mais cela aurait été dommage de ne pas le faire.
L'échafaudage est déplacé, une bonne première couche est appliqué, il va falloir de la matière, il y a du rattrapage à faire.
Pour information, ce type de niveau à bulle (au premier plan) est à réserver pour l'agencement. Les niveaux de maçon (orange) porte bien leur nom, ils sont plus facile à nettoyer, car ici l'aluminium a fortement vieilli avec la chaux.
Difficile de résister à l'envie d'enlever les bâches pour constater le résultat.
Le lendemain la façade arrière a été terminée. Il était temps car nous avons terminé sous la pluie qui n'a pas cessée les jours suivants avant que les grands froids n'arrivent. C'était donc bien le dernier moment pour réaliser une couche de corps d'enduit.
La maison ressemble à une maison, sans les bâches, et avec le soleil... Quelques fissures sont apparues, surtout là ou la couche a été trop importante. Mais rien de très grave et qui ne pourra être réparé au printemps.
Nous pouvons passer l'hiver tranquilles et attaquer l'intérieur de la maison.